15 août 2006

Paris je t'aime

Paris je t'aime
Critique


Une vingtaine de réalisateurs et une ville : Paris. Le programme peut attirer l'oeil surtout quand on voit la liste des gens appelés à travailler sur le projet. Sauf que voilà, être un grand réalisateur, être un maître, remporter des Oscars et travailler avec les plus grands ne veut pas dire que ça fonctionne en court métrage. Ca ne fonctionne même quasiment jamais.

Les courts métrages peuvent se ranger en 3 catégories : les réussis, les ratés et les pourris.

Montmartre de B. Podalydès, Tuileries des frères Coen, Loin du 16ème de Walter Salles et Père-Lachaise de Wes Craven : sont mes préférés, parfois adapté au court métrage, parfois un peu trop courts. J'aurais aimé voir la suite du film de Podalydès, touchant hommage au parisien de base - et peut être le seul film vraiment français et pas ringard du collectif - comme j'ai aimé voir le destin de cette jeune espagnole dans le film de Salles.


Place des Victoires de Nobuhiro Suwa, 14e arrondissement d'Alexander Payne, Tour Eiffel de Sylvain Chomet, Place des fêtes d'Oliver Schmitz, Quartier Latin de Gérard Depardieu et Frédéric Auburtin, Pigalle de Richard LaGravenese : des films qui ont des moments intéressants, touchants même (la fin de Place des Fêtes, les délires de Chomet) mais qui au final sont moyens, mauvais, ridicules. Suwa (réalisateur du sublime Un Couple Parfait) n'arrive pas à faire fonctionner son histoire en court métrage et ce malgré l'apparition fugace de Willem Dafoe en cow-boy. On sent qu'il aurait aimé que son histoire dure une heure trente de plus mais qu'il doit se contenter de 5 misérables minutes prometteueses. Pigalle est un petite jeu amusant qui malheureusement s'éteint avec sa chute romantique et ridicule, le film de Depardieu est une perle d'écriture (par Gena Rowlands s'il vous plait) mais est découpée comme un journal télévisé... Le sentiment de ne pas avoir assez de temps se sent chez tout les réalisateurs et nuit considérablement à la qualité des films. Quant au génial Alexander Payne, son film a un petit goût d'inachevé malgré un talent incontestable dans l'art de raconter de petites histoires touchantes.


Quartier des Enfants Rouges d'Olivier Assayas, Quartier de la Madeleine de Vincenzo Natali
, Faubourg Saint-Denis de Tom Tykwer, Quais de Seine de Gurinder Chadha, Parc Monceau d'Alfonso Cuaron, Bastille d'Isabel Coixet, Porte de Choisy de Christopher Doyle et surtout Le Marais de Gus Van Sant : tristes merdes, insurmontables courts métrages chiants, longs, gonflants et prétentieux. Christopher Doyle, chef opérateur de Wong Kar Wai et du dernier Shyamalan se retrouve dans un délire publicitaire qui est trop absurde pour être compris, Assayas ne raconte rien en ne filmant rien et Cuaron n'a rien fait d'aussi pourri de sa vie entière - la faute à Nick Nolte bourré de vrai dans son film ? Coixet imite Truffaut pour notre plus grande horreur, Natali photoshope son film avec une rare laideur, le cinéma français de jeune est même présent avec Quais de Seine où les messages lourds comme des tractopelles nous expliquent que les arabes ils aiment la France et que les jeunes mecs sont cons et machos. Génial ! Gus Van Sant nous prouve encore une fois que son cinéma ne fonctionne que sur la durée : 4 minutes d'ennui profond ! Finissons par parler du film de Tykwer, horrible histoire d'amour entre un aveugle et Nathalie Portman. Entre clichés sur Paris, sur l'amour et sur la mise en scène, Tykwer réussit l'exploit de faire plus laid que Doyle, plus chiant que Coixet et plus lourd que Chadha ! Un exploit !


Alors voilà, Paris je t'aime est une compilation de petits courts sympathiques, de courts ratés et de grosses daubes infectes. Des films sur Paris dont on ne voit que des monuments et des plans serrés des acteurs, où tout le monde parle anglais. Vue d'esprit, vue de touriste, vue d'étranger sur une ville qu'ils ne connaissent pas et dont il n'ont rien à dire.

Miaou, amateur de longs métrages

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