29 novembre 2006

Babel

Babel
Critique

Réalisé par Alejandro Gonzalez Innaritu | Avec Brad Pitt - Cate Blanchett - Gael Garcia Bernal - Kôji Yakusho

Babel retrace 4 histoires "liées" entre elles. Au Japon une jeune fille muette se drogue et veut se taper un policier qui enquête sur une arme à feu de son père. Cette arme se retrouve entre les mains d'une famille marocaine sans le sou et que les enfants utilisent pour défendre un troupeau de moutons ; lors d'un jeu ils tirent sur un bus. Dans ce bus, se trimballe Cate Blanchett et Brad Pitt, couple américain en crise qui vient visiter le pittoresque Maroc après la mort de leur troisième enfant ; la balle touche Cate Blanchett qui a besoin de soins urgents. Alors que le couple tarde à rentrer du Maroc à cause de cet accident, la nourrice mexicaine des enfants de Pitt/Blanchett décide de les emmener avec eux au mariage de son fils, de l'autre côté de le frontière.


Et tout ça, avec de bonnes intentions et un peu de talent, ça aurait pu donner un film important, décisif même. Le problème, c'est qu'Inaritu et Arriaga, les scénaristes du film, se sont donnés comme mot d'ordre : misérabilisme. Là où Lars von Trier ou Michael Haneke réussisse à dépasser la simple étude de moeurs en montrant des gens pauvres ou dans des situations désespérées, les deux compères mexicains s'offrent deux heures de longue agonie.


Autant le dire tout de suite, les personnages de Babel sont stupides. Peut-être à l'image de l'homme, si on essaie de reprendre la (très très) subtile métaphore du titre. Sauf qu'à la longue, cette débilité profonde, digne d'une IA de jeu PC, rend le film profondément agaçant, ridicule et attendu. Si l'histoire de Blanchett/Pitt est très jolie, malgré sa lenteur et son classicisme, la partie au Japon est d'une rare nullité où l'on tente de nous faire découvrir une société qui communique mal à travers les yeux d'une sourde et muette perverse et névrosée. Merci pour la finesse.


Les deux autres histoires oscillent entre coup de (mal)chance et réactions complètement disproportionnées, voire carrément stupides. Je pense avoir suffisamment insisté là-dessus mais la psychologie de certains personnages de Babel approche celle d'un cactus. Nulle. Comme le film.



Miaou (pourquoi Kôji es-tu allé là bas ?)

Scoop

Scoop
Critique

Réalisé par Woody Allen | Avec Scarlett Johansson - Woody Allen - Hugh Jackman - Ian McShane

Sans attendre, allons droit au but et éclaircissons ce malentendu : Match Point était un Woody Allen classique et pas du tout inhabituel. Maintenant que vous avez bien assimilé ça, passons à son nouveau film : Scoop. Amusant d'ailleurs que l'accroche de ce nouveau film tourné en Angleterre (en attendant le troisième qui sortira l'an prochain) n'est rien d'autre que : "Après Match Point, une autre partie commence..."


Alors qu'on soit sérieux une seconde, mais Scoop est une petite merveille à la Woody Allen. Il faut dire que le petit a eu quelques moments de faiblesse ses dernières années (Anything Else) ou des films incompris (Melinda & Melinda) mais globalement, il s'est maintenu à un certain type de film que le spectateur a totalement assimilé. Ce qui est fort avec Scoop, c'est qu'il nous offre une aventure qui ne tient pas une demi-seconde la route ; depuis l'apparition d'un fantôme revenu des Enfers dans une armoire en plein milieu d'un tour de magie, jusqu'à résolution du film, un plan de Scarlett Johansson toute mouillée qui rappelle qu'elle était championne de natation.


A vrai dire, Woody Allen s'offre de petits moments de génie avec son rôle de magicien hypocrite et ses talents plutôt limités pour retenir des mots de passe et des codes. L'aspect comique du film, porté à bout de bras par le duo de choc Johansson/Allen, est la grosse réussite de Scoop. Johansson s'offre même le luxe de s'enlaidir au maximum, en s'appellant Sondra Pransky, en portant de grosses lunettes et en ayant un cul de cheval.



Et lorsque l'on pense qu'on a tout vu avec ce film, la comédie laisse le pas au thriller - merci Match Point qui est ici totalement parodiée à grand renfort de scène où le meurtrier prépare ses réactions de surprise et de tristesse. Le thème de la culpabilité, un thème important pour le très juif Allen, reste omniprésent chez le personnage de Johansson par un incessant va-et-vient entre son attirance pour Hugh Jackman et sa possible culpabilité. Quant à Wolverine, c'est encore une fois la possibilité de montrer qu'il est avant tout un acteur et un bon.


On est rarement déçu par un Allen. A la rigueur, une fois fini, on se rend compte que le film n'était que "ça". Avec Scoop, on se rend compte que le bonhomme a encore pas mal de choses à dire, à raconter et surtout encore des centaines de blagues sur les juifs.

"16 blue ponies, 21 airplanes, and 12 spinning midgets. "

Miaou

The Prestige

The Prestige
Critique

Réalisé par Christopher Nolan | Musique de David Julyan | Avec Hugh Jackman - Christian Bale - Scarlett Johansson - Michael Caine
Ne jamais dire jamais ! Voilà ce que j'ai appris quand j'étais un petit garçon, en regardant Fievel et le Nouveau Monde. Avec Insomnia et Batman Begins, les deux précédents films de Nolan, je m'étais dit que j'éviterais à l'avenir de voir des films du bonhomme. Sauf qu'entre temps il s'est lancé dans l'adaptation d'un livre de Christopher Priest, l'un de mes écrivains de SF vivant préféré.


The Prestige est un film steam-punk, enfin un ! Il parle de la rivalité entre deux magiciens jusqu'au point où la magie et l'illusion font place à la science et à la réalité - et à l'horreur. Que dire de ce film ? Nolan a eu le bon goût de s'entourer d'acteurs de taille, de costumiers et de décorateurs de talent. Mais il a eu le nez creux avec ce livre intéressant qu'il a parfaitement su adapter au cinéma, en mieux (nous en reparlerons dans un article sur l'adaptation).

Le film est complexe, fouillis, c'est une succession de mises en abîmes, de retournement de situation voire même de surprises parfaitement bien amenées. De ce côté-là, Nolan reste un as quand il s'agit d'écrire - son point faible étant bien évidemment la mise en scène. Un peu transparente, innocente, il ne manque pas grand chose pour transformer l'essai et réunir tous les atouts d'un grand film de maître.


The Prestige reste un film ambigu sur le cinéma actuel. Porté par un quatuor très réussi - Jackman prouve encore son talent, Bale reste un plat mais colle à son personnage -, sans parler des seconds rôles avec David Bowie, Andy Serkis ou Ricky Jay, le film vogue entre vrai magie et fausse science, à une époque où l'on recrée des mondes entiers à grand coup de Photoshop. Ce qui est fort avec The Prestige c'est qu'à aucun moment on a l'impression de ne pas vraiment être au 19ème siècle, calèches dans les rues et réverbères au gaz et c'est là où l'illusion - l'une des nombreuses de ce film à tiroirs - fonctionne à merveille.

Miaou

Engage !

J'ai décidé de passer à une vitesse supérieure de ce blog...

Premièrement personne ne vient le lire - ou alors très peu de gens. Les critiques de ce blog seront donc postées ici mais aussi sur mon autre blog, le moins sérieux Miaou's Third Life. Ensuite je vais arrêter de vous fournir en liens Allociné et rendre mes critiques plus courtes et plus denses.

Des articles théoriques feront aussi leurs apparition.

Bonne lecture aux quatre pélerins qui croisent cette route :)

Miaou

02 novembre 2006

Children of Men

Children of Men
Critique

Réalisé par Alfonso Cuaron | Musique (non-originale) de John Tavener| Avec Clive Owen - Julianne Moore - Michael Caine | Lumière de Emmanuel Lubezki
Synopsis : Dans une société futuriste où les êtres humains ne parviennent plus à se reproduire, l'annonce de la mort de la plus jeune personne, âgée de 18 ans, met la population en émoi. Au même moment, une femme tombe enceinte - un fait qui ne s'est pas produit depuis une vingtaine d'années - et devient par la même occasion la personne la plus enviée et la plus recherchée de la Terre. Théo est chargé de sa protection...

Mon avis : Je ne savais pas comment commencer cette critique, peut-être parce que le film est encore trop frais, peut-être parce que je n'ai pas vu le film autant de fois que l'aurais voulu. Quelque part, sur Terre, des producteurs ont du penser à moi en faisant ce film et y ont mis tout ce qu'il fallait pour me plaire. C'est vraiment comme ça que je vois les choses, puisque Children of Men est mon film préféré de cette année, même devant les epoustouflants Imposteur et autres Syriana.

Et pourtant Children of Men n'est pas un film facile. Son genre est l'anticipation et en découle naturellement une difficulté à suivre, à comprendre le film et à y entrer. Dans les quinze premières minutes, le film nous assomme d'informations qui vont nous permettre de construire le monde du futur dépeint dans Children of Men. Ce procédé, le même que dans tous les films d'anticipation, est peut-être ce qui empêche le genre d'être réellement apprécié à sa juste valeur. Dans Minority Report, le premier quart d'heure est neurasthénique, assomant d'informations bombardées à grand renfort de musique classique ; dans Total Recall, là encore, nous sommes aggressés par la télévision, les radios, les voix, les moments quotidiens qui sont très différents de nous - et qui nous demandent donc un moment d'adaptation nécessaire à la bonne compréhension du monde et donc de nous permettre d'anticiper et d'accepter le reste du film.

Children of Men débute par l'annonce de la mort de plus jeune humain sur la Terre, Baby Diego, âgé de 18 ans et quelques mois. Sur cette Terre infertile, il est devenu une star, un héros et, par rapprochement, l'enfant de toutes les mères et de toutes les femmes. Théo, interprêté par le génial Clive Owen achète son café dans un bar où tout le monde a les yeux fixés sur la télé, il sort dans la rue et on découvre un Londres à la hauteur du L.A. de Blade Runner : un monde en ruines, en déliquessence, aux portes de l'enfer. Il se verse un peu d'alcool dans son café et le bar dont il vient de sortir explose juste devant ses yeux. Une femme sort en hurlant, tenant dans sa main gauche son bras droit arraché. L'image et le son s'arrêtent et laissent place à un immense titre : Children of Men.

Le film débute ainsi, sans musique, dans un plan-séquence. Un plan qui dure approximativement deux minutes dans lequel est sorti d'un bar qui quelques secondes plus tard explose dans une rue avec des centaines de piétons et de voitures. Parlons du plan-séquence, puisqu'il est au coeur même de Children of Men. Hitchcock n'est pas le premier à l'utiliser mais lui offre quelques notes de noblesse dès sa période anglaise avec Young and Innocent et une caméra qui semble voler, traverser un grillage en croisillons, une salle de restaurant et vient filmer en très gros plan le tic facial du tueur que le héros cherche désespérement à attraper. Welles est aussi très connu pour ses plans interminables qui traversent plus murs et des fenêtres, des rampes d'escaliers - tout ça dans Citizen Kane - ou tout simplement un travelling suivant plusieurs personnages et une explosion et une longue discussion - dans le fabuleux Touch of Evil. Plus tard De Palma avec Carrie, Les Incorruptibles, Mission to Mars, Raising Cain ou encore Casualties of War...

Dernièrement c'est avec Spielberg que nous avons eu droit aux deux plans-séquences les plus étonnants de ces dernières années dans The War of the Worlds. Le second lors d'une scène de dialogue en voiture où la caméra virevolte autour des personnages et le premier, où l'on suit pendant deux minutes Tom Cruise poursuivit par un tripode. C'est à cette scène que Children of Men fait le plus penser. Le plan-séquence impose deux sensations au spectateur : une sensation de réalité puisque le montage - art essentiel et unique du cinéma - n'existe plus ; une sensation de proximité puisque le film semble plus vrai il rapproche le spectateur et l'émotion. Imaginons qu'on regarde deux photos l'une après l'autre ; notre cerveau doit analyser chaque image et donc recommencer à ressentir les émotions qu'elles dégagent. Le plan-séquence fonctionne ainsi : on oublie le montage, on voit avec les yeux du personnages et notre cerveau n'a pas besoin de s'habituer à une coupure et à voir une nouvelle image.

Dans Children of Men il y a une quantité de scènes remarquables. Techniquement le film atteint des sommets sans limites avec une scène de presque 10 minutes en voiture qui contient du ping-pong buccal, un accident, un meurtre, un deuxième accident avec une moto, une trentaine de figurants, quelques véhicules de police, une course poursuite puis le massacre de deux policiers. Tout ça en un seul plan où la caméra, au coeur de la voiture nous place d'une situation amusante et cocasse - les deux personnages s'envoient la balle de ping-pong avec leur bouche et la rattrape - à une situation d'horreur où un personnage prend une balle dans la gorge et que les autres tentent d'éviter la police et les pillards qui les ont attaqués.

Plus tard, on assiste à un accouchement dans un plan très long qui nous permet de voir le bébé sortir et de commencer à respirer. La suite du film est une longue suite de plans incroyables dont un plan de 15 minutes (quinze minutes) où Clive Owen est au coeur d'un guérilla urbaine, de l'explosion d'un immeuble, d'une prise d'otage, de l'arrivée d'une cinquantaine de militaires, de l'entrée dans l'immeuble détruit, de la montée des étages... Rien que pour son achievement technique, Children of Men mérite le détour, le coup d'oeil pour apprécier le génie et le talent à l'état pur.

Alfonso Cuaron avait réalisé précédemment Harry Potter 3, le meilleur épisode de la série qui offrait une quantités de plans sublimes, de plans-séquences étonnants et d'un monde plus noir et plus profond qu'auparavant. Avec Children of Men, Cuaron reste définitivement détaché de son sujet et de son histoire. La mort de personnages importants, l'importance de ce bébé pour l'humanité sont traités avec une froideur, une distance qui déroute et que les gens ne comprennent pas forcément. Loin de faire un film humain, il signe un film sur l'humanité, sur sa déchéance dans un monde que l'on ne connaît pas et qui semble trop souvent très proche de nous.

Conclusion : Déstabilisant, Children of Men l'est surement. Si sa technique est irréprochable et mérite même l'achat du DVD le matin de sa sortie, l'histoire et surtout la distance du film et de son sujet risque de ne pas plaire à tout le monde. Un film dont je parlerais pendant très, très longtemps.


Miaou, amateur de Children of men

The Queen

The Queen
Avis Express

Réalisé par Stephen Frears | Musique de Alexandre Desplat | Avec Helen Mirren - Michael Sheen - James Cromwell
Synopsis : Dimanche 31 août 1997. La princesse Diana meurt des suites d'un accident de voiture survenu sous le pont de l'Alma à Paris. Si cette disparition plonge la planète dans la stupeur, elle provoque en Grande-Bretagne un désarroi sans précédent. Alors qu'une vague d'émotion et de chagrin submerge le pays, Tony Blair, élu à une écrasante majorité au mois de mai précédent, sent instantanément que quelque chose est en train de se passer, comme si le pays tout entier avait perdu une soeur, une mère ou une fille. Au château de Balmoral en Ecosse, Elizabeth II reste silencieuse, distante, apparemment indifférente. Désemparée par la réaction des Britanniques, elle ne comprend pas l'onde de choc qui ébranle le pays. Pour Tony Blair, il appartient aux dirigeants de réconforter la nation meurtrie et il lui faut absolument trouver le moyen de rapprocher la reine de ses sujets éplorés.


Mon avis : Si j'avais été anglais, je pense que The Queen aurait été l'un de mes films préférés de l'année. Mise en scène propre et réussie, musique parfaite (de Alexandre Desplat), acteurs excellents et surtout un sujet très intéressant... pour les britanniques. Pourquoi la Reine n'a t-elle pas voulu parler à son peuple après la mort de Diana ? C'est la question que les sujets de la Couronne se sont posées pendant cette longue semaine qui est le gros de The Queen. Mais cette question ne m'intéresse pas - en tout cas pas suffisament pour réussir à entrer dans le film.

Conclusion : Assez amusant, mais fidèlement documenté, à deux pas du documentaire mais tout de même très fictionnel, The Queen est une réflexion sur le pouvoir, l'âge et le protocole britannique strict et infernal. Mais quelque part, les réflexions qui découlent du film - et surtout d'une scène qui m'a marqué où Tony Blair défend aggressivement l'attitude de la Reine devant son propre cabinet - sont plus intéressantes que le sujet même du film.

Miaou, amateur de couronnes des rois

Mémoires de nos Pères

Mémoires de nos Pères
Avis Express

Réalisé par Clint Eastwood | Musique de Clint Eastwood | Avec Jesse Bradford - Ryan Phillippe - Jamie Bell | Lumière de Tom Stern
Synopsis : Au cinquième jour de la sanglante bataille d'Iwo Jima, cinq Marines et un infirmier de la Navy hissent ensemble le drapeau américain au sommet du Mont Suribachi, tout juste repris aux Japonais. L'image de ces hommes unis face à l'adversité devient légendaire en l'espace de quelques jours. Elle captive le peuple américain, las d'une guerre interminable, et lui donne des motifs d'espérer. Pour mettre à profit cet engouement, les trois "porte-drapeaux" sont livrés à l'admiration des foules. Leur nouvelle mission : servir leur pays en vendant les précieux Bons qui financent l'effort de guerre. Le laconique John "Doc" Bradley, le timide Amérindien Ira Hayes et le fringant Rene Gagnon se prêtent au jeu avec un dévouement exemplaire. Ils sillonnent sans relâche le pays, serrent des milliers de mains et prononcent des allocutions. Mais, en leur for intérieur, une autre bataille se livre...


Mon avis : Je n'aime pas les films de guerre. Ils ne sont intéressants que lorsqu'ils nous proposent des choses nouvelles dans le fond (Furyo par ses thèmes, Le Pont de la Rivière Kwai par son immobilité, Indigènes par sa volonté de changer les choses) ou dans la forme (Saving Private Ryan en est le parfait exemple). Mémoires de nos Pères racontent cette histoire vraie de soldats américains transformés en commerciaux, histoire qui se répètent aujourd'hui dans la médiatisation extrème des guerriers réels ou fictifs dans les guerres actuelles.

Mais voilà, Eastwood semble avoir été obligé de nous servir quand même une bonne moitié de batailles sanglantes - à cause de Spielberg, producteur du film ? -, sans couleurs, sur une île volcanique sans végétation. Cette bataille reste lisible bien que volontairement répétitive et noie le spectaculaire avec le quotidien ; mais elle est moins réussie que l'incroyable débarquement du Soldat Ryan qui a atteint la perfection sonore, visuelle et émotionnelle. Le reste du film est une suite de scènes où les soldats répètent encore inlassablement les mêmes mot ("Les vrais héros sont ceux qui ont donnés leur vie à Iwo Jima") et qui se souviennent dans des flash-back incompréhensibles qui était qui, qui a fait quoi et surtout quel est ce sixième soldat sur le drapeau ?


Sauf qu'à force de noyer la narration, de briser la chronologie à grands renforts d'acteur inconnus et de voix-off dans tout les sens, Eastwood perd le spectateur et finit par transformer son film en un vulgaire film de guerre sans intérêt. Son message, pourtrant très fort, fini par disparaître, flou, incomplet, inachevé. La musique, pitoyable oeuvre du réalisateur lui-même, dessert totalement le film par un minimalisme échevelé, une longue plainte au piano, à la guitare, à la trompette, qui n'en finit pas d'être répétée à l'infini. On pourra aussi griller la dernière scène, longuement homo-érotique où le personnage de Ryan Phillippe observe ses amis se baigner en caleçon blanc transparent dans les vagues d'Iwo Jima, avec sur les lèvres un sourire trop équivoque.


Conclusion : Eastwood rate le coche avec sa bonne histoire de héros qui n'en sont pas et qui n'arrivent pas à l'accepter. Sa mise en scène sincère et réussie est malheureusement détruite par un scénario flou et bancal qui transforme le film en une très longue séance de torture. A noter que Ryan Phillippe est l'homme le plus beau du monde en marin.


Miaou, qui n'aime pas la guerre

Azur & Asmar

Azur & Asmar
Critique

Réalisé par Michel Ocelot | Musique de Gabriel Yared | Avec les voix de Cyril Mourali - Patrick Timsit
Synopsis : Il y a bien longtemps, deux enfants étaient bercés par la même femme. Azur, blond aux yeux bleus, fils du châtelain, et Asmar, brun aux yeux noirs, fils de la nourrice. Elevés comme deux frères, les enfants sont séparés brutalement. Mais Azur, marqué par la légende de la Fée des Djins que lui racontait sa nourrice, n'aura de cesse de la retrouver, au-delà des mers. Les deux frères de lait devenus grands partent chacun à la recherche de la Fée. Rivalisant d'audace, ils iront à la découverte de terres magiques, recelant autant de dangers que de merveilles...


Mon avis : Azur et Asmar est un film pour enfants. Donc normalement il ne peut être que moins bien qu'un vrai film. De plus c'est un film d'animation et là encore, il sera moins considéré, apprécié et reconnu. Triste sort pour ce petit bijou français qui est une somme de mélanges osés et réussis.


Mélange visuel tout d'abord : décors plats, hyper composés, chargés. Les arabesques du palais arabe sont lourdes de sens, dans un noir et blanc hypnotisant, les fleurs et la forêt germanique du pays d'Azur est chargé, imposante, étouffante de couleurs et de précision. Personnages dans une 3D d'un autre âge qui semblent souvent manipulés comme des marionnettes, aux mouvements etonnament gracieux et agréables. Et enfin les costumes, de larges applats de couleurs, sans relief, sans ombrage qui semble nous faire mentir : est-ce de la 3D ? est-ce de la 2D ? est-ce que c'est egyptien, normand, arabe... ? Du mélange visuel naît un sentiment d'internationalité, de mélange homogène de choses éparses et diverses qui détonne et fonctionne à merveille. Azur et Asmar, à l'instar de Kirikou, joue sur la vitesse, le rapport au théâtre, aux marionnettes, aux ombres chinoises.

Mais c'est le mélange des cultures qui rend le film si intéressant, complet et novateur. Si Azur parle français - et quelques mots d'arabes - son voyage dans le pays de sa nourrice n'est pas sous-titrée. Paradoxalement très bavard, le film se transforme littéralement en une sorte de film muet où l'on comprend un personnage au travers de ses émotions, de la situation et du ton de sa voix plus que par les mots. Dans une très belle scène de marché, deux marchands se moquent l'un de l'autre, s'attaquent, se lancent des piques... que le spectateur français moyen ne peut pas comprendre puisque entièrement en arabe. Et pourtant la magie opère et la salle éclate de rire !


Les adultes froids et distants trouveront ce film démagogique, répétitif et exaspérant. Les voix sont lentes, calmes, posées, l'histoire est une succession de scènes similaires qui ont pour but de faire comprendre aux enfants une chose précise. La construction du scénario repose sur la construction des contes avec une forte prédominance du chiffre trois : trois clés, trois portes, trois épreuves, trois objets magiques, trois couples... Mais l'enfant a besoin de cette répétition, de ces moments répétitifs qui lui permettent de saisir complétement la portée de l'oeuvre.

Conclusion : En plus de faire un film qui parle à moitié arabe sans sous-titres et d'oser mélanger des styles visuels totalement différents avec une parfaite réussite, Michel Ocelot est aussi un astucieux pédagogue qui offre aux enfants la chance de comprendre que - attention, niaiserie en approche - Azur et Asmar ont le même sang qui coule dans leurs veines, qu'importe leur couleur de peau, leur origine ou leur langue.


Miaou, amateur de Kirikou

Mala Noche

Mala Noche
Avis Express

Réalisé par Gus Van Sant | Avec Tim Streeter - Doug Cooeyate - Ray Monge
Synopsis : Un jeune homosexuel tombe fou amoureux de Johnny, un immigré mexicain clandestin qui ne parle pas un mot d'anglais et qui n'a même pas 18 ans...

Mon avis : Premier film de Gus Van Sant (réalisateur de Elephant, Last Days ou du remake de Psycho), histoire vraie adaptée d'une nouvelle, nous trimballe dans le silage d'un jeune homosexuel qui poursuit ce jeune immigré mexicain. Clairement fait avec trois centimes, de la pellicule toute pourrie et un paquet de bonnes idées, le film reste en-deça du minimum qualitatif qu'on attend d'un film dans une salle de cinéma. Reste une mise en scène déjà forte et inventive, très inspiré par Hitchcock et sa lumière expressionniste de l'époque anglaise, des idées et une volonté de faire les choses différemment.

Mala Noche n'est pas le meilleur film de Gus Van Sant mais il est son film-manifeste d'un style, d'un langage et d'une approche cinématographique unique.


Miaou, qui aime bien Gus

28 octobre 2006

Regard sur le futur

En attendant de repartir au cinéma et de voir des films, je vous propose ce petit article sur les prochains films qui me tentent beaucoup.

Le 10 décembre prochain, je vais quitter l'Europe pour deux mois entiers. Deux mois loin du cinéma et des sorties de Noël. Lors de mon prochain passage à Paris je compte voir Mala Noche de Gus Van Sant, The Queen de Stephen Frears, Azur & Asmar de Michel Ocelot, Children of Men de Alfonso Cuaron et Flags of our Fathers de Clint Eastwood... Mais après cette salve il me restera presque 6 semaines encore et pas mal de sorties. Voici donc rapidement brossé, avec mes attentes et un petit résumé, le top 10 de mes attentes. A noter que les dix films sont sortis tout seuls et que je n'ai même pas eu besoin de me creuser les méninges pour savoir si tel ou tel film y avait sa place : de tout les films qui sortent d'ici le 10 décembre, seuls ces dix là me donnent vraiment envie ; mais nombreux sont les films que je verrais (le nouveau Scorcese par exemple).



1. Scoop de et avec Woody Allen, Scarlett Johansson, Hugh Jackman et Ian McShane / Sortie le 1er novembre

Synopsis : L'enquête du célèbre journaliste d'investigation Joe Strombel, consacrée au "Tueur au Tarot" de Londres, tourne court quand il meurt de façon aussi soudaine qu'inexplicable. Mais rien, pas même la mort, ne peut arrêter Joe. A peine arrivé au purgatoire, il décide de transmettre ses toutes dernières informations à la plus charmante des étudiantes en journalisme : Sondra Pransky. De passage à Londres, Sondra entend le fantôme de Joe s'adresser à elle durant un numéro de magie de l'Américain Splendini, alias Sid Waterman. Bouleversée et folle de joie à l'idée d'avoir déniché le scoop du siècle, l'effervescente créature se lance avec Sid dans une enquête échevelée, qui les mène droit au fringant aristocrate et politicien Peter Lyman. Une idylle se noue en dépit de troublants indices semblant désigner le beau Peter comme le "Tueur au Tarot".
Le scoop de Sondra lui sera-t-il fatal ?

Mon avis : Difficile de ne pas vouloir voir un Woody Allen ! Casting parfait comme toujours, histoire sympathique avec Woody en journaliste fantôme et puis l'Angleterre. Ca lui avait tellement bien réussi l'an dernier avec le classique mais fabuleux Match Point, que je ne peux qu'être dans l'attente d'une comédie policière sympathique, rigolote et... classique !

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2. Super Nacho de Jared Hess avec Jack Black / Sortie le 1er novembre

Synopsis : Orphelin, Nacho a passé sa jeunesse dans un monastère mexicain avant d'en devenir le cuisinier. Mais ses dons laissent fortement à désirer, et l'on ne compte plus les crises de foie et turistas imputables à sa cuisine et aux minables ingrédients dont il use. Nacho a compris que le plus sage serait d'acheter de meilleurs produits - et pour cela de commencer à se faire de l'argent. Il donnerait ainsi un peu de bonheur à ses chers orphelins, et aurait peut-être une chance d'impressionner son idole, la délicieuse et innocente novice Encarnación. Une idée audacieuse germe bientôt dans sa tête : se lancer en grand secret dans une carrière de lutteur masqué. Faisant équipe avec le filiforme Esqueleto, Nacho se découvre un talent insoupçonné pour la Lucha Libre. Il a enfin trouvé sa vocation, le voici prêt à affronter les plus grands lutteurs de son pays...

Mon avis : Si je n'ai pas à présenter Jack Black, devenu mondialement connu pour son rôle inspiré dans King Kong de Peter Jackson, il faut préciser qu'au commencement, il est un comique, grand ami de Ben Stiller et de toute la clique Will Ferrel et Steve Carrell. Ce film, réalisé par un obscur jeune réalisateur dont le premier film, Napoleon Dynamite, fut un immense succès côté yankee, semble être une belle comédie, rigolote, franche, grossière... comme les américains ne nous font plus depuis longtemps. Impatience est de rigueur !

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3. Le Dahlia Noir de Brian de Palma avec Josh Harnett, Aaron Eckart, Scarlett Johansson et Hillary Swank / Sortie le 8 novembre

Synopsis : Dans les années 40, à Los Angeles, Bucky et Lee, deux inspecteurs, s'attaquent à une affaire de meurtre particulièrement difficile. Une starlette, Elizabeth Short, a été découverte atrocement mutilée. Sa beauté et sa fin tragique deviennent les sujets de conversation de toute la ville. Certains sont prêts à tout pour en tirer bénéfice... ou cacher leurs secrets. Quels étaient les liens de la victime avec la puissante famille Linscott ? Que vivait-elle dans son intimité ? Et avec qui ? Au-delà des apparences, l'enquête commence...

Mon avis : Comment résister ? De Palma de retour sur un sujet très à lui, dans un univers proche d'un de ses meilleurs films (The Untouchables bien sûr), avec une pléïade de stars toutes plus géniales les unes que les autres. Polar noir, surement très violent, très sanglant, très proche de son auteur au final, le limite James Ellroy qui a adoré le film. Lui qui d'habitude est si compliqué à satisfaire... En espérant que De Palma fasse aussi bien, voire mieux que Curtis Hanson et son L.A. Confidential.

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4. Le Prestige de Christopher Nolan avec Hugh Jackman, Christian Bale, Scarlett Johansson et Michael Caine / Sortie le 15 novembre

Synopsis : Londres, au début du siècle dernier... Robert Angier et Alfred Borden sont deux magiciens surdoués, promis dès leur plus jeune âge à un glorieux avenir. Une compétition amicale les oppose d'abord l'un à l'autre, mais l'émulation tourne vite à la jalousie, puis à la haine. Devenus de farouches ennemis, les deux rivaux vont s'efforcer de se détruire l'un l'autre en usant des plus noirs secrets de leur art. Cette obsession aura pour leur entourage des conséquences dramatiques...

Mon avis : Je suis très partagé par Christopher Nolan. Son Batman Begins était une grosse déception molle et ratée, Insomnia n'est qu'un pâle remake aussi fade que le casting est impressionnant... Et pourtant chacun de ses films me donne envie et me pousse à faire un effort pour accepter que ce type est peut-être un bon réalisateur. Peut-être celui là, inspiré d'un roman écrit par un très bon auteur, porté par de bons acteurs - avec encore une fois Scarlett... - et emmené dans un combat que l'on voit rarement au cinéma entre deux magiciens, sera réussi.

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5. Babel de Alejandro Gonzalez Inarritu avec Brad Pitt, Cate Blanchett et Gael Garcia Bernal / Sortie le 15 novembre

Synopsis : En plein désert marocain, un coup de feu retentit. Il va déclencher toute une série d'événements qui impliqueront un couple de touristes américains au bord du naufrage, deux jeunes Marocains auteurs d'un crime accidentel, une nourrice qui voyage illégalement avec deux enfants américains, et une adolescente japonaise rebelle dont le père est recherché par la police à Tokyo. Séparés par leurs cultures et leurs modes de vie, chacun de ces quatre groupes de personnes va cependant connaître une même destinée d'isolement et de douleur...

Mon avis : Ce sera mon premier Inarritu, qui m'attire plus par son casting et son scénario que par sa "mise en scène nerveuse" c-a-d tout à l'épaule tremblante attention je n'ai pas de pied pour poser ma caméra. Très aimé à Cannes, ce Babel risque d'être une surprise et j'ai quand même hâte... rien que pour savoir si ensuite j'irais voir ses deux films précédents.

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6. Borat de Larry Charles avec Sacha Baron Cohen / Sortie le 15 novembre

Synopsis : Borat, reporter kazakh, est envoyé aux Etats-Unis par la télévision de son pays pour y tourner un reportage sur le mode de vie de cette nation vénérée comme un modèle. Au cours de son périple, il rencontre de vraies personnes dans des situations authentiques, avec les conséquences les plus incroyables. Son comportement à contre-courant provoque les réactions les plus diverses, et révèle les préjugés et les dessous de la société américaine. Aucun sujet n'échappera à sa soif d'apprendre, même les plus extrêmes. Un vrai choc des cultures...

Mon avis : Vous ne le connaissez surement pas... Mais Sacha Baron Cohen c'est Ali G et c'est une galerie de personnages fabuleux... dont Borat, ce journaliste kazakh qui vient de ce beau pays si particulier. Je ne sais pas si vous pouvez saisir l'importance pour moi de ce film : non seulement il va être intensément drôle mais il sera caustique, cynique et raciste. J'adore ! Je ne peux que vous conseiller d'aller voir les 4 premières minutes du film sur le site d'Allocine pour apprécier à sa juste valeur la grandiosité de Borat.

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7. Casino Royale de Martin Campbell avec Daniel Craig, Eva Green, Judi Dench et Mads Mikkelsen / Sortie le 22 novembre

Synopsis : Pour sa première mission, James Bond affronte le tout-puissant banquier privé du terrorisme international, Le Chiffre. Pour achever de le ruiner et démanteler le plus grand réseau criminel qui soit, Bond doit le battre lors d'une partie de poker à haut risque au Casino Royale. La très belle Vesper, attachée au Trésor, l'accompagne afin de veiller à ce que l'agent 007 prenne soin de l'argent du gouvernement britannique qui lui sert de mise, mais rien ne va se passer comme prévu. Alors que Bond et Vesper s'efforcent d'échapper aux tentatives d'assassinat du Chiffre et de ses hommes, d'autres sentiments surgissent entre eux, ce qui ne fera que les rendre plus vulnérables...

Mon avis : Dans la vie, il y a des choses qui ne changent jamais. Ce n'est pas le cas des James Bond. Pierce Brosnan, après deux très bons (GoldenEye & Tomorrow Never Dies) et deux très mauvais épisodes (The World Is Not Enough & Die Another Day), laisse sa place à Daniel Craig dans ce film qui se veut un retour aux sources. Premièrement en racontant la "première mission" de 007, mais en remettant aux commandes l'astucieux Martin Campbell, artisan courageux et impressionnant qui fut derrière GoldenEye mais aussi le Masque et la Légende de Zorro qui sont deux films pourris sur le plan moral et intellectuel mais renversant et ébourrifant sur le plan divertissement et cascande ! Donc on peut espérer le retour à un grand James, avec un acteur charismatique et puissant qu'on a vu récemment dans Munich.

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8. Coeurs de Alain Resnais avec Sabine Azéma, Lambert Wilson, André Dussolier, Laura Morante, Pierre Arditi, Isabelle Carré, Claude Rich, Michel Vuillermoz / Sortie le 22 novembre

Synopsis : Thierry, agent immobilier, se donne beaucoup de mal pour trouver un appartement à Nicole et Dan, un couple de clients difficiles. A l'agence, Charlotte, sa collaboratrice, lui prête la cassette d'une émission qu'elle adore, un programme de variétés religieuses dont la vision troublera fortement Thierry. La soeur cadette de Thierry, Gaëlle, recherche secrètement l'amour, allant même jusqu'à recourir aux petites annonces. Dan, militaire de carrière expulsé de l'armée, passe ses journées dans le bar d'un hôtel où il confie ses mésaventures à Lionel, le barman. Pour assurer son service du soir, Lionel fait appel à une assistante à domicile bénévole pour s'occuper de son père, Arthur, un vieil homme malade et colérique. C'est Charlotte qui se présente. Et ainsi, le mouvement d'un personnage peut bouleverser le destin d'un autre sans pour autant le connaître voire même le rencontrer.

Mon avis : comme Allen, Resnais est un réalisateur que j'aime tout particulièrement et qui me donne terriblement envie à chaque fois. J'ai bien fait exprès d'afficher le casting entier pour bien pour montrer l'étendue du moment de réjouissance que cela va être. Adapté du même auteur que les transcendants Smoking / No Smoking, Coeurs promet d'être très classique mais très surprenant... comme toujours avec Resnais !

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9. Fast Food Nation de Richard Linklater avec Greg Kinnear et Catalina Sandino Moreno / Sortie le 22 novembre

Synopsis : Don Henderson a un vrai problème. Il est responsable marketing de la chaîne des Mickey's Fast Food Restaurants, et de la viande contaminée a été découverte dans les stocks de steaks surgelés du fameux Big One, le hamburger vedette de la marque. Quittant ses confortables bureaux de Californie du Sud, il va découvrir les abattoirs et leurs employés immigrés, les élevages surpeuplés et les centres commerciaux de l'Amérique profonde et que ce sont les consommateurs qui se font bouffer par l'industrie du fast food et non l'inverse !

Mon avis : Richard Linklater a eu la chance d'avoir deux films en même temps à Cannes : l'intriguant A Scanner Darkly, petit bijou de SF et d'animation et le dénommé Fast Food Nation. Plongée dans le milieu de la nourriture rapide au même titre que Supersize Me ou un film de Michael Moore, Fast Food Nation est une fiction qui promet d'être plus honnête et moins subjective que les documentaires précités. Avec l'actrice de Maria, pleine de grâce.

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10. The Host de Joon-ho Bong / Sortie le 22 novembre
Synopsis : A Séoul, Park Hee-bong tient un petit snack au bord de la rivière Han où il vit avec les siens. Il y a son fils aîné, l'immature Gang-du, sa fille Nam-joo, une championne malchanceuse de tir à l'arc, et Nam-il, son fils cadet éternellement au chômage. Tous idolâtrent la petite Hyun-seo, la fille unique de Gang-du. Un jour, un monstre géant et inconnu jusqu'à présent, surgit des profondeurs de la rivière. Quand la créature atteint les berges, elle se met à piétiner et attaquer la foule sauvagement, détruisant tout sur son passage. Le snack démoli, Gang-du tente de s'enfuir avec sa fille, mais il la perd dans la foule paniquée. Quand il l'aperçoit enfin, Hyun-seo est en train de se faire enlever par le monstre qui disparaît, en emportant la fillette au fond de la rivière. La famille Park décide alors de partir en croisade contre le monstre, pour retrouver Hyun-seo...

Mon avis : Avis aux gens qui aiment le cinéma... si vous n'avez pas vu Memories of Murder, vous n'aimez pas le cinéma. Si on pouvait douter à un moment du cinéma coréen avec les films sur la vengeance d'un côté (Park Chan-Wook) et sur la Nouvelle Vague de l'autre (avec Hong Sang-Soo), Memories of Murder - histoire d'une équipe de police nulle qui traque un serial-killer effrayant - est une pure merveille d'écriture, de mise en scène et de jeu. Louez-le, achetez-le, volez-le ! Donc voilà le nouveau film de son réalisateur, film qui promet d'être un beau délire d'action et d'humour. Un film qui a fait très forte impression sur la Croisette.



Miaou, vivement bientôt !

04 octobre 2006

Little Miss Sunshine

Little Miss Sunshine
Avis Express

Réalisé par Jonathan Dayton & Valerie Faris | Musique de Michael Danna | Avec Greg Kinnear - Toni Colette - Steve Carell

Synopsis : L'histoire des Hoover. Le père, Richard, tente désespérément de vendre son "Parcours vers le succès en 9 étapes". La mère, Sheryl, tente de dissimuler les travers de son frère, spécialiste suicidaire de Proust fraîchement sorti de l'hôpital après avoir été congédié par son amant.
Les enfants Hoover ne sont pas non plus dépourvus de rêves improbables : la fille de 7 ans, Olive, se rêve en reine de beauté, tandis que son frère Dwayne a fait voeu de silence jusqu'à son entrée à l'Air Force Academy.
Quand Olive décroche une invitation à concourir pour le titre très sélectif de Little Miss Sunshine en Californie, toute la famille décide de faire corps derrière elle. Les voilà donc entassés dans leur break Volkswagen rouillé : ils mettent le cap vers l'Ouest et entament un voyage tragi-comique de trois jours qui les mettra aux prises avec des événements inattendus...

Avis : Aux USA, Little Miss Sunshine a beaucoup plu. En France ce fut un carton total. Tout le monde emballé, tout les journaux, tout les magazines. Il faut avouer que le film possède un charme très inhabituel pour nous, pauvres français qui n'écoppont pas des centaines de comédies indé US.

Comment faire une bonne comédie indé US ? Premièrement parler de sujets hyper graves (généralement l'american way of life mais aussi la réussite, la mort, la parentalité, l'homosexualité et le sexe chez les jeunes) sous forme d'une comédie un peu décalée. Il faut un groupe de personnages : une famille, des ami(e)s très proches, un réseau de gens connectés par hasard... Ensuite véhiculer un message, une morale ou une leçon très forte qui va être comprise par les personnages. Et pour la partie "US", il faut appuyer très fort sur cette morale qui va souvent à l'encontre des morales habituelles du cinéma américain habituel.

Dans le cas de Little Miss Sunshine : une famille parle de suicide, de mort, d'homosexualité, de représentation physique, que les canons de la beauté c'est nul, que réussir ça n'est pas si important que ça et que finalement, l'Amérique est un beau pays mais un peu pourri. Voir aussi Magnolia, Sideways ou encore, le plus classique de tous : American Beauty.

Little Miss Sunshine est un film drôle, touchant, habile et fort sur des thèmes qu'on croise rarement de par chez nous, avec une tripotée d'acteurs géniaux et uniques. Mais c'est aussi le cas typique d'une excellente comédie indé US, dont la formule commence à se recopier un peu trop souvent...



Miaou, amateur de Steve Carell

Indigènes

Indigènes
Avis Express

Réalisé par Rachid Bouchareb | Musique de Armand Amar | Avec Jame Debbouze - Sami Bouajila - Roschdy Zem - Sami Naceri

Synopsis : En 1943, alors que la France tente de se libérer de la domination nazie, le parcours de quatre "indigènes", soldats oubliés de la première armée française recrutée en Afrique. Abdelkader, Saïd, Messaoud et Yassin, réputés pour leur courage, sont envoyés en première ligne. Argent, amour pour la France ou pour l'armée française, foi en la liberté et l'égalité, leurs motivations divergent pour un même combat, libérer la France, les armes à la main.

Avis : Indigènes est un film fait pour la bonne cause. Il n'est ni indigne, ni indigeste. Je dis ça pour vite se débarasser des blagues faciles de critiques de Télérama. Non, Indigènes surprend par son sérieux, sa volonté de bien faire les choses mais aussi par son écriture catastrophique et une ambiance déjà vue dix mille fois au cinéma ou à la télévision.

Indigènes c'est tout simplement Band of Brothers mais avec des musulmans. Voilà comment on pourrait succintement résumer comme un porc - ah ah - ce film qui ne montre rien de bien nouveau. Ces forêts à la neige sale, ces montagnes écartelés, ces combats presque au corps à corps entre deux maisons alsaciennes... on l'a déjà vu dans la série de Spielberg et de Hanks.

Dommage aussi que certains personnages soient très plats, moins intéressants que ce qui aurait pu être raconté. Sami Bouajila tire son épingle du jeu, acteur furieusement génial en bon petit soldat. Il n'empêche que le film enchaîne un scénario bancal et vide et que seules deux ou trois scènes font bonne figure - toute la fin surtout.

Reste un film déjà-vu mais nécessaire, qui fera date. J'espère. En tout cas moi je n'ai pas aimé.


Miaou, amateur de films de gay... re ^^

Je vais bien ne t'en fais pas

Je vais bien ne t'en fais pas
Avis Express
Réalisé par Philippe Lioret | Musique de Nicolas Piovani | Avec Mélanie Laurent - Kad Merad - Julien Boisselier

Synopsis : Comme elle rentre de vacances, Lili, 19 ans, apprend par ses parents que Loïc, son frère jumeau, suite à une violente dispute avec son père, a quitté la maison. Loïc ne lui donnant pas de nouvelles, Lili finit par se persuader qu'il lui est arrivé quelque chose et part à sa recherche.
Ce qu'elle va découvrir dépasse l'entendement.

Avis : Lorsque j'avais vu le film précédent de Lioret (L'Equipier avec Sandrine Bonnaire, Grégory Dérangère, Philippe Torreton et Emilie Dequenne) il était clair qu'il s'avait écrire. Sa mise en scène, plate, invisible, laissait dans la bouche un petit arrière-goût de téléfilm particulièrement désagréable.

Avec Je vais bien ne t'en fais pas, Lioret n'a pas fait plus d'effort. Sa mise en scène est toujours aussi discrète et il a une jolie lumière... mais cela aurait pu tout gâcher s'il n'avait eu son scénario. Personnages uniques, dialogues sublimes, rebondissements... Je vais bien ne t'en fais pas n'ennuie jamais. Lioret arrive à nous amener vers des endroits surprenants à chaque moment... et même si parfois cela rend moins crédible son film, qui se situe juste à la limite entre la fiction et la réalité.

Mais le gros point fort du film, se sont ses acteurs. Mélanie Laurent est une actrice formidable, on le savait un peu déjà mais ça ne fait pas de mal de recevoir cette piqûre de rappel. Elle est lumineuse et obscure, réussit à jouer à peu près tout avec une finesse et une justesse effrayante. Si tout les autres sont à la hauteur de leur talent - Julien Boisselier le premier - c'est surtout Kad Merad qui étonne. Non seulement c'est un acteur comique formidable - malgré des films pas toujours réussis - il réussit la gageure d'être un acteur dramatique impressionnant de perfection.

Pas totalement exempt de défauts, Je vais bien ne t'en fais pas est un film réussi, emporté par une musique minimaliste de Nicola Piovani et surtout par des acteurs parfaitement menés par Philippe Lioret.



Miaou, amateur de twists

Star Trek II : The Wrath of Khan

Star Trek II : The Wrath of Khan
Avis Express

Réalisé par Nicholas Meyer | Musique de James Horner | Avec William Shatner - Leonard Nimoy - DeForest Kelly
Synopsis : L'amiral Kirk et son "Enterprise" servent désormais de vaisseau d'entraînement pour les élèves pilotes. Envoyé avec M. Spok en mission de routine, il croise la route de son vieil ennemi Khan.

Avis : Faisant suite au succès de Star Trek : The Motion Picture, il est amusant de constater que ce deuxième épisode a eu un budget sévèrement coupé. On dit au revoir au réalisateur vétéran (Robert Wise), au compositeur vétéran (Jerry Goldsmith), au directeur des effets spéciaux vétéran (Douglas Trumbull). Et bienvenue à Nicholas Meyer (qui sera de retour aux commandes pour Star Trek VI) et à James Horner (premier gros contrat pour le tout jeune compositeur).

Le résultat ? Peut-être le meilleur épisode de la série, tout simplement. De par son méchant, le génial Khan - échappé d'un épisode de la série originelle - mais aussi par ses thèmes : amitié, sacrifice, renaissance. Des thèmes qui parcourent la saga Star Trek.

Au délà des plans volés au premier film - du départ de l'Enterprise depuis sa baie de lancement à des vaisseaux entiers - Star Trek II est un des premiers films avec des images de synthèse (puisque sorti quelques semaines avant Tron) qu'il utilise avec parcimonie toutefois. Le gros point fort de cet opus est l'action, toujours aussi peu présente avec Kirk et Spock, mais magnifiquement maîtrisée : un combat de vaisseaux géants dans une nébuleuse qui se transforme en scène de suspens digne des Dents de la Mer !

James Horner se défend très bien sur cet opus, recopiant de larges passages d'Alexander Nevski de Sergei Prokoviev qui, dans l'espace, résonne d'une force et d'une puissance nouvelle. A l'époque, le jeune compositeur n'avait même pas trente ans et réussi un véritable tour de force.

Malgré les années, Star Trek II reste un petit bijou. Entre sa mise en scène moins rigide, ses combats spatiaux particulièrement réussis et une musique violente et épique, ce deuxième épisode est un film de SF parfaitement réussi et éternel !


Miaou, amateur de Spock

Star Trek : The Motion Picture

Star Trek : The Motion Picture
Avis Express

Réalisé par Robert Wise | Musique de Jerry Goldsmith | Avec William Shatner - Leonard Nimoy - DeForest Kelly
Synopsis : Une entité d'origine extra-terrestre sans précédent se dirige vers la Terre en détruisant tout sur son passage. L'équipage de l'USS Enterprise est chargé de stopper ce nouvel ennemi. Alors que le Capitaine Decker se prépare à diriger la mission, il est relevé de ses fonctions et remplacé par le fameux Amiral Kirk, absent des commandes du vaisseau depuis trois ans...

Avis : Deux ans après Star Wars, voilà Star Trek. Alors que la série culte est terminée et que Paramount travaille à un nouveau format avec un nouvel équipage, le créateur de Star Trek, Gene Roddenderry tombe sur un scénario qui lui plaît bien. Et voilà que la nouvelle série devient petit à petit le premier film d'une longue saga (10 épisodes au total, un nouvel épisode en 2008 réalisé par J. J. Abrams - arg -).

Réalisé par le vétéran Robert Wise (monteur chez Welles, réalisateur de nombreux films, dont un peu de SF), le film laisse une empreinte dans le space opera et les films de SF en général. Rarement il nous a été donné la possibilité de découvrir l'espace de cette manière surtout lorsque le film débute par une Overture sublimissime : on avance dans les étoiles sur le Love Theme composé par Jerry Goldsmith.

Star Trek n'est pas une série de films d'action, c'est tout simplement l'histoire d'un voyage ("trek" en opposition à "wars") au coeur de l'univers et dans le coeur des hommes. Et c'est ça la vraie science-fiction.

Epique, long, vieilli, Star Trek : The Motion Picture a lancé les fondements de la SF au cinéma, très proche de celle de la littérature, qui nous renvoit à nos propres questions et à nos propres doutes. Mémorable.



Miaou, amateur de Star Trek

23 septembre 2006

Complot de Famille

Complot de Famille
Critique

Réalisé par Alfred Hitchcock | Musique de John Williams | Avec William Devane - Bruce Dern - Karen Black - Barbara Harris

Dernier film de Sir Alfred Hitchcock, Complot de Famille (Family Plot en anglais) est un film étrange qui mérite une attention toute particulière. Comme son film précédent, l'excellent et très anglais Frenzy, le casting de Complot de Famille est rempli d'inconnus. Si William Devane est plus connu aujourd'hui pour ses rôles dans les séries Côte Ouest (spin-off de Dallas), FX : Effets Spéciaux et 24 (où il joue le père d'Audrey Raines)... Karen Black s'est empressée d'aller tourner presque une quarantaine de navets de série B tandis que Barbara Harris a tout simplement disparue de la circulation au fur et à mesure des années. (A noter que Al Pacino et Jack Nicholson ont refusé de jouer dans ce film, Pacino pour des raisons d'argent et Nicholson parce qu'il tournait Vol au dessus d'un nid de coucou)

Et c'est important pour la suite : Hitchcock avait travaillé avec les plus grands : Cary Grant, Gregory Peck, James Stewart, Paul Newman, Grace Kelly, Sean Connery... Il est clair qu'après de nombreux échecs au box-office les producteurs se sont désintéressés de lui. C'était aussi le début du Nouvel Hollywood, un endroit où l'on ne fait plus des films comme Hitch. Entre les Dents de la Mer, le Parrain et Star Wars... les petits thrillers réglés comme des horloges ne fonctionnaient plus réellement.


Ce qui n'empêche que Complot de Famille est loin d'être dispensable. Clairement mineur dans une filmographie immaculée de ses années 50 et 60, ce film ne mérite pas qu'on lui crache dessus, sous pretexte d'un Hitchcock devenu avec l'âge encore plus caustique et cynique. Car voilà l'intérêt principal de ce film, c'est une nouvelle forme d'humour, qu'on avait entrevue dans Topaz et Frenzy (les deux films précédents) qui avaient déjà une odeur de fin du monde.

Dans Complot de Famille, deux couples que tout opposent se cherchent pendant la majeure partie du film. Le premier : un taximan (Bruce Dern) amoureux tantrique d'une jeune voyante un peu arnaqueuse (Barbara Harris) qui décide pour une grosse somme d'argent de retrouver le neveu d'une richissime vieille dame. Ce neveu en question s'avère être un bijoutier et sa femme qui kidnappent des gens importants en échange d'une rançon en diamants. Le premier couple cherche ce neveu disparu, abandonné pour éviter un scandale dans la famille, qui se fait passer pour mort. Le second s'aperçoit qu'un médium et un taximan les suivent en déduisent qu'ils savent pour leurs vols.


L'intrigue (écrite par Ernest Lehman - scénariste de North by Northwest) fonctionne donc à deux niveaux. Une enquête policière un peu classique mais agrémentée de perles grâce à Bruce Dern qui se fait passer pour un détective particulièrement miteux et de l'autre une intrigue plus hitchcockienne avec la poursuite d'innocents qui ne connaissent pas réellement la nature et l'importance du danger qui plane au-dessus d'eux (thématique de Psycho, North by Northwest... enfin la moitié des films de Hitchcock en résumé).

Les deux sont bourrés d'humour : si le couple "riche" a droit à un humour très hautain, qui joue sur la prétention, le couple "pauvre" est ancré dans un humour plus proche du slapstick. Lors d'une scène où ils tentent de résumer leur enquête, les deux héros dégustent des hamburgers juteux et savoureux qui rendent leur discours un peu confus ou, plus étonnant encore chez Hitchcock, le personnage de Bruce Dern a une perpetuelle envie de "conclure" avec la voyante... Et ce même au coeur du danger.

On pourra regretter bien sûr une fin un peu trop "too much" à grand renfort de clin d'oeil appuyée par l'actrice et des personnages étrangement fins (la vieille milliardaire, les deux policiers qui enquêtent sur les agissements du kidnappeur) mais encore une fois tout cela n'a qu'un seul objectif : faire rire et frissonner. Car bien sûr, un bon Hitchcock ne peut pas être bon sans du frisson. Lorsque les deux histoires se fusionnent enfin, on assiste à une scène de qui pro quo absolument ultime. La jeune médium annonce au kidnappeur qu'il est maintenant plus riche que riche - et surtout qu'elle va empocher 10 000 $ - qu'elle exprime à la fois soulagée et heureuse. En face d'elle, le kidnappeur et sa complice viennent tout juste de mettre dans leur voiture le corps inanimé d'un enlévement dont ils allaient récupérer le butin : ils sont sidérés par tant d'audace - rappelez-vous qu'ils pensent que Dern et Harris veut les arrêter - et surtout de témérité.


Rarement chez Hitchcock on n'avait assité à un tel carambolage d'intrigues. On pourrait citer Fenêtre sur Cour et son final épuisant de suspens où chaque minute amène un rebondissement supplémentaire. Mais avec Complot de Famille, la technicité de Hitchcock a faire fonctionner deux histoires en même temps, à les faire se croiser puis les faire se jeter l'une contre l'autre est maîtrisée à la perfection. D'un coup d'un seul, deux films que l'on croyait séparés fusionnent et deviennent le dernier film d'Alfred Hitchcock mais pas des moindres.

Dernier mot sur la musique. Séparé depuis Torn Curtain de son ami Bernard Herrmann et après avoir travaillé avec à peu près n'importe qui (Mancini rejeté puis Goodwin pour Frenzy, Maurice Jarre pour Topaz, Jon Addison pour Torn Curtain) rencontre enfin ce qui aurait pu être une longue et fructueuse collaboration : John Williams. Il réussit, tout comme Alfred Hitchcock a raconter deux histoires avec deux musiques qui s'opposent et s'attirent jusqu'au final sautillant et clinquant.


Bien loin d'être aussi morose que Torn Curtain et Topaz - surtout ce dernier que je trouve décevant - Hitchcock avait réussi avec ses deux derniers films à faire renaître quelque chose de son cinéma. Bien sûr son style est plus télévisuelle si on veut, moins expérimental qu'aurapavant. Mais à mes yeux, Complot de Famille restera un film unique et réussi.

Miaou, amateur de Sir Alfred Hitchcock