Vol 93
Arrêt sur Image
Arrêt sur Image
Réalisé par Paul Greengrass | Musique de John Powell
Ma réflexion se base sur l'article de mon cher Nicolas, que vous pouvez lire ici.
Vol 93 relate les faits qui se sont produits dans les tours de contrôles lors du 11 Septembre puis dans l'avion qui s'est écrasé en Pennsylvanie. Sensé être proche de la réalité, filmé comme un documentaire, la vraie histoire, les vrais événements... Vol 93 est donc plus un film-mémoire, une vidéo de vacances qui est là pour nous raconter ce que nous n'avons pas vécu.
Je vois ça autrement. Je vois une mise en scène hypra stylisée, proche de 24 Heures Chrono à grand coup de mise au point bancale et de petits recadrages brusques. Sans parler du scénario, grandement improvisé et du fait que la moitié des acteurs du film jouent leurs propres rôles.
Dans l'article qui a fait démarré ma pensée, Nicolas parle de Munich de Steven Spielberg, film qui m'a déçu lors de sa sortie par son aspect politique et engagé. On y voit des juifs revenchars, des palestiniens à la masse, des gentils, des méchants, des erreurs dans chaque camp, des incidents de parcours. Si la partie suspens du film est parfaitement maîtrisée, l'aspect politique est un ratage total. Si pendant les deux tiers du film Spielberg s'acharne à nous montrer que la violence ne sert à rien, que les palestiniens sont des gens oppressés et tentent de se défendre, que les israëliens agissent dans le mauvais sens ; il détruit son point de vue en une scène. Une seule scène : la fin sanglante de la prise d'otage. Là où avant sa mise en scène restait d'une neutralité parfaite, où l'on voyait arabes comme juifs se faire tuer sans discrimination (un couteau dans la tête, une rafale en pleine poitrine, une bombe sous le lit), Spielberg nous cache la mort des otages israéliens et nous offre en cinémascope celle des preneurs d'otage.
Que voyons-nous réellement dans cette scène ? Les otages montent dans les hélicoptères, poussés par les palestiniens. Soudain on fait feu depuis l'aéroport - la police allemande qui a depuis été reconnue coupable de la mort d'otages cette nuit là mais ça Spielberg l'oublie - les palestiniens ripostent et puis se sentent pris au piège. Ils se retournent vers les otages. Plan sur les otages - Plan sur le palestinien qui tire - Plan sur les otages morts, leurs blessures rendues invisibles par le manque de lumière, leurs visages doucement posé contre l'épaule du voisin. Par de violence, pas de sang : la mort est hors-champ.
Et là tout le parti pris de Spielberg depuis le début qui s'efforçait de nous offrir une vue honnête et contraire à ses origines, épargne au spectateur la mort des otages.
Dans Vol 93, Greengrass ne se laisse pas avoir. Il montre tout, même les morts sanglantes et irraisonnées des terroristes. Il montre la violence, la folie, l'instinct primaire qui force un homme sans histoire à détruire le crane d'un jeune terroriste à coup de plateau repas. Sa vision est totale, Greengrass est omnipotent et omniprésent et nous offre une scène d'une puissance inouïe où les passagers récitent la Bible et les terroristes, le Coran.
Bien sûr, on pourrait se dire que ne pas avoir de point de vue c'est mal. Un auteur, quelque soit son média doit avoir un point de vue. Mais Est-ce que tout montrer, sans faire de distinction, sans épargner le spectateur... n'est ce pas ça, le vrai point de vue ?
Vol 93 relate les faits qui se sont produits dans les tours de contrôles lors du 11 Septembre puis dans l'avion qui s'est écrasé en Pennsylvanie. Sensé être proche de la réalité, filmé comme un documentaire, la vraie histoire, les vrais événements... Vol 93 est donc plus un film-mémoire, une vidéo de vacances qui est là pour nous raconter ce que nous n'avons pas vécu.
Je vois ça autrement. Je vois une mise en scène hypra stylisée, proche de 24 Heures Chrono à grand coup de mise au point bancale et de petits recadrages brusques. Sans parler du scénario, grandement improvisé et du fait que la moitié des acteurs du film jouent leurs propres rôles.
Dans l'article qui a fait démarré ma pensée, Nicolas parle de Munich de Steven Spielberg, film qui m'a déçu lors de sa sortie par son aspect politique et engagé. On y voit des juifs revenchars, des palestiniens à la masse, des gentils, des méchants, des erreurs dans chaque camp, des incidents de parcours. Si la partie suspens du film est parfaitement maîtrisée, l'aspect politique est un ratage total. Si pendant les deux tiers du film Spielberg s'acharne à nous montrer que la violence ne sert à rien, que les palestiniens sont des gens oppressés et tentent de se défendre, que les israëliens agissent dans le mauvais sens ; il détruit son point de vue en une scène. Une seule scène : la fin sanglante de la prise d'otage. Là où avant sa mise en scène restait d'une neutralité parfaite, où l'on voyait arabes comme juifs se faire tuer sans discrimination (un couteau dans la tête, une rafale en pleine poitrine, une bombe sous le lit), Spielberg nous cache la mort des otages israéliens et nous offre en cinémascope celle des preneurs d'otage.
Que voyons-nous réellement dans cette scène ? Les otages montent dans les hélicoptères, poussés par les palestiniens. Soudain on fait feu depuis l'aéroport - la police allemande qui a depuis été reconnue coupable de la mort d'otages cette nuit là mais ça Spielberg l'oublie - les palestiniens ripostent et puis se sentent pris au piège. Ils se retournent vers les otages. Plan sur les otages - Plan sur le palestinien qui tire - Plan sur les otages morts, leurs blessures rendues invisibles par le manque de lumière, leurs visages doucement posé contre l'épaule du voisin. Par de violence, pas de sang : la mort est hors-champ.
Et là tout le parti pris de Spielberg depuis le début qui s'efforçait de nous offrir une vue honnête et contraire à ses origines, épargne au spectateur la mort des otages.
Dans Vol 93, Greengrass ne se laisse pas avoir. Il montre tout, même les morts sanglantes et irraisonnées des terroristes. Il montre la violence, la folie, l'instinct primaire qui force un homme sans histoire à détruire le crane d'un jeune terroriste à coup de plateau repas. Sa vision est totale, Greengrass est omnipotent et omniprésent et nous offre une scène d'une puissance inouïe où les passagers récitent la Bible et les terroristes, le Coran.
Bien sûr, on pourrait se dire que ne pas avoir de point de vue c'est mal. Un auteur, quelque soit son média doit avoir un point de vue. Mais Est-ce que tout montrer, sans faire de distinction, sans épargner le spectateur... n'est ce pas ça, le vrai point de vue ?
Miaou, déjà vu ?

2 commentaires:
Nous ne pouvions pas en rester là...
http://ololygones.canalblog.com/archives/2006/08/28/2544216.html
(euh je ne sais pas comment on fait apparaître le lien hypertexte :p)
Faudrait que je m'y mette quand même...
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