L'Histoire d'Adèle H
Critique
Critique
Réalisé par François Truffaut | Musique de Maurice Joubert| Avec Isabelle Adjani - Bruce Robinson - Sylvia Mariott
Alors que la carrière de Truffaut bas de son plein - il vient juste de remporter un Oscar du Meilleur Film Etranger pour La Nuit Américaine - il écrit avec son complice Jean Gruault un film sur la vie d'Adèle Hugo, deuxième fille du célèbre auteur et homme politique. On suit son arrivée en Nouvelle-Ecosse, alors que la guerre entre Anglais et Américains gronde ; elle est venue là pour suivre son amour le Lieutenant Pinson, un Anglais qui ne l'aime pas. Son amour et sa folie la pousse à harceler le militaire, à risquer sa vie et la sienne pour cet amour qui n'est pas partagé. Traumatisé par la mort de sa soeur Léopoldine, harcelé par sa filiation, Adèle sombre dans la folie la plus totale.
Ce qui choque au premier abord avec ce film - mon deuxième Truffaut avec Farenheit 451 - c'est la mise en scène mélodramatique et pourtant jamais risible. Bouffées d'angoisse, larmes, déréliction... Adjani réussit à faire passer tout ça dans la même scène, parfois dans la même phrase. Chaque petit détail, chaque petit moment que Truffaut peut saisir - Adèle traînant dans les rues, attaquée par un chien, perdue dans cette terre qu'elle ne connaît pas - devient un moment de grâce.
Le film est entièrement musicalisé grâce aux morceaux de Maurice Joubert, décédé 35 années plus tôt et compositeur de Jean Vigo dont le film L'Atalante est un écho lointain à la détresse d'Adèle. Ce long passage rythmé par une musique entêtante, voit la lettre de la jeune femme annonçant un mariage qui n'existe pas - nous n'en sommes pas sûr, le spectateur n'a aucun indice - vers Guernesay où vit, exilé, Hugo. C'est dans le montage que le cinéma de Truffaut - à mes yeux de novice en ce réalisateur - semble exister. Dans le raccord le plus simple qui nous montre le Lieutenant regarder par la fenêtre un avenir noirçi par les agissements d'Adèle et, plan suivant, la jeune femme en haillons se faisant attaquer par un chien dans une ruelle déserte.
Elle lit ses lettres à voix haute et au fur et à mesure du film, sa main n'écrit presque plus ce qu'elle nous lit. Elle nous fixe, perdue, lointaine et ses mots, banals, usés, se transforment en appels au secours. Difficile de ne pas trouver astucieux et pratique de ne lire à haute voix que ce qui est lu par les personnages : quelques mots "Je, soussigné, Victor Hugo" dictés par une voix grosse et épaisse comme on se l'imagine, et nous avons saisi toute l'importance d'une des lettres qu'elle reçoit.
Romantique, voilà le mot qu'il faut appliquer à L'Histoire d'Adèle H. Chaque minute, chaque mot, chaque lettre, lue à haute voix par une Adjani fabuleuse transforme cette histoire en Histoire.

Ce qui choque au premier abord avec ce film - mon deuxième Truffaut avec Farenheit 451 - c'est la mise en scène mélodramatique et pourtant jamais risible. Bouffées d'angoisse, larmes, déréliction... Adjani réussit à faire passer tout ça dans la même scène, parfois dans la même phrase. Chaque petit détail, chaque petit moment que Truffaut peut saisir - Adèle traînant dans les rues, attaquée par un chien, perdue dans cette terre qu'elle ne connaît pas - devient un moment de grâce.
Le film est entièrement musicalisé grâce aux morceaux de Maurice Joubert, décédé 35 années plus tôt et compositeur de Jean Vigo dont le film L'Atalante est un écho lointain à la détresse d'Adèle. Ce long passage rythmé par une musique entêtante, voit la lettre de la jeune femme annonçant un mariage qui n'existe pas - nous n'en sommes pas sûr, le spectateur n'a aucun indice - vers Guernesay où vit, exilé, Hugo. C'est dans le montage que le cinéma de Truffaut - à mes yeux de novice en ce réalisateur - semble exister. Dans le raccord le plus simple qui nous montre le Lieutenant regarder par la fenêtre un avenir noirçi par les agissements d'Adèle et, plan suivant, la jeune femme en haillons se faisant attaquer par un chien dans une ruelle déserte.
Elle lit ses lettres à voix haute et au fur et à mesure du film, sa main n'écrit presque plus ce qu'elle nous lit. Elle nous fixe, perdue, lointaine et ses mots, banals, usés, se transforment en appels au secours. Difficile de ne pas trouver astucieux et pratique de ne lire à haute voix que ce qui est lu par les personnages : quelques mots "Je, soussigné, Victor Hugo" dictés par une voix grosse et épaisse comme on se l'imagine, et nous avons saisi toute l'importance d'une des lettres qu'elle reçoit.
Romantique, voilà le mot qu'il faut appliquer à L'Histoire d'Adèle H. Chaque minute, chaque mot, chaque lettre, lue à haute voix par une Adjani fabuleuse transforme cette histoire en Histoire.
Miaou, amateur de Truffaut ?

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