Nuit & Brouillard
Avis Express
Avis Express
Réalisé par Alain Resnais | Musique de Hanns Eisler | Avec la voix de Michel Bouquet.
En 1955, alors que la France commence tout juste à s'enliser dans la guerre en Algérie, un documentaire d'une trentaine de minutes sort sur les écrans. C'est un film de Alain Resnais, qui enchaîne après des dizaines de films institutionnels au ton moderne et décalé, un documentaire écrit par un déporté, raconté par Michel Bouquet, sur les camps de concentration et la machine infernale S.S.. Alternant entre plans en couleurs des camps aujourd'hui (travellings sur d'interminables latrines, longs plans qui glissent sur le mur des chambres à gaz gratté par les ongles) et images d'archive, photos, vidéos... des camps, des nazis, des déportations, Alain Resnais raconte et montre ce qu'il se passait là-bas.
Même si on ne peut pas dire qu'il s'agit du premier documentaire sur ces atrocités et surtout pas du plus important ou du plus juste ou du plus honnête avec l'histoire, c'est celui qui à mes yeux et le plus artistique dans tout les sens du terme. Non seulement il transporte avec lui une esthétique toute particulière qui rappelle certains travaux de Jean Rouch sur le même sujet, il est aussi vecteur d'un message destiné aux français.
Il ne dit jamais "juif", jamais "Shoah" et quand il parle de religion, il nous montre un livre indéfini ou nous parle d'un "Dieu" sans le nommer. Pour lui, les camps de concentration, la mort par centaines, les images chocs de ces cadavres que l'on enterre au tractopelle, ces squelettes vivants construisant leurs propres tombes... Tout ça est pour lui l'occasion de rappeler que l'homme oublie constamment. A peine cette guerre et ses atrocités découvertes, que d'autres se produisent à deux pas de là, en Algérie. Et les derniers mots de Bouquet sont clairs : il y aura beau avoir des avertissements comme Auschwitz, l'histoire se répétera encore et encore.
Film court, choc, violent, emmené par une musique omniprésente et envahissante, Nuit et Brouillard dépasse le cadre d'un documentaire sur la Shoah, la déportation et même le nazisme en Europe. Loin de nombreux documentaires qui se posent des questions plus religieuses, politiques ou ethniques, le film de Resnais est la preuve de la stupidité, la bêtise et de l'amnésie humaine, surtout 50 ans après la sortie du film
Même si on ne peut pas dire qu'il s'agit du premier documentaire sur ces atrocités et surtout pas du plus important ou du plus juste ou du plus honnête avec l'histoire, c'est celui qui à mes yeux et le plus artistique dans tout les sens du terme. Non seulement il transporte avec lui une esthétique toute particulière qui rappelle certains travaux de Jean Rouch sur le même sujet, il est aussi vecteur d'un message destiné aux français.
Il ne dit jamais "juif", jamais "Shoah" et quand il parle de religion, il nous montre un livre indéfini ou nous parle d'un "Dieu" sans le nommer. Pour lui, les camps de concentration, la mort par centaines, les images chocs de ces cadavres que l'on enterre au tractopelle, ces squelettes vivants construisant leurs propres tombes... Tout ça est pour lui l'occasion de rappeler que l'homme oublie constamment. A peine cette guerre et ses atrocités découvertes, que d'autres se produisent à deux pas de là, en Algérie. Et les derniers mots de Bouquet sont clairs : il y aura beau avoir des avertissements comme Auschwitz, l'histoire se répétera encore et encore.
Film court, choc, violent, emmené par une musique omniprésente et envahissante, Nuit et Brouillard dépasse le cadre d'un documentaire sur la Shoah, la déportation et même le nazisme en Europe. Loin de nombreux documentaires qui se posent des questions plus religieuses, politiques ou ethniques, le film de Resnais est la preuve de la stupidité, la bêtise et de l'amnésie humaine, surtout 50 ans après la sortie du film